Les droséras sont dotés d'un piège semi-actif. En effet, celui-ci possède une action mécanique mais qui est secondaire et de faible amplitude. Les droseras possèdent probablement des mécanismes d'attraction des insectes. Les études faites sur ces mécanismes n'ont jamais pu montrer l'utilisation de phéromones par les droséras. Il semblerait que les droséras utilisent en priorité le sens de la vue des animaux. On constate qu'au soleil, le liquide permet à la feuille de briller comme si elles étaient recouvertes de rosée ou de nectar. Ses sécrétions sont de plus en plus abondantes avec la durée du jeun.
Chaque feuille comporte une face de poils adhésifs. Chacun de ces poils est terminé par un chapeau, composé de plusieurs cellules sécrétrices de mucilage ou d'enzymes, porté par un pied pluricellulaire et vascularisé.
Plus précisément, le pédicelle de chaque tentacule comprend une ou deux files de vaisseaux spiralés entourés de quelques assises de cellules parenchymateuses. Les vaisseaux aboutissent, dans la partie renflée du tentacule, à un massif d'éléments vasculaires également spiralés mais beaucoup plus courts, massif recouvert de cellules sécrétrices. Ces cellules élaborent des mucilages et des enzymes protéolytiques. Les sécrétions des tentacules des droséras sont acides, favorisant l'action des enzymes protéolytiques. Une protéase à action peptonisante a été extrait des sécrétions. La sécrétion s'effectue à travers des cellules parenchymateuses des pédicelles tentaculaires qui contiennent, à l'état de repos, une grande vacuole contenant en solution un pigment anthocyanique rouge vif colorant ces tentacules.
La stratégie de capture de la proie est de type « papier tue-mouche ». La proie venant se poser sur une de ces feuilles, y est retenu par la matière visqueuse des tentacules. Puis sa propre activité la met de plus en plus en contact avec la glu des poils. Son agitation pour se dégager stimule l'activité des cellules sécrétrices. Ensuite, les tentacules et le limbe de la feuille se mettent en mouvement très lentement. Une à plusieurs heures sont nécessaires au repli complet de la feuille. La proie, engluée, meurt d'asphyxie et est finalement digérée. En fait ce mouvement sert d'une part à éviter une perte de liquide nutritif lors de la digestion et d'autre part à accélérer le processus en favorisant le maintien de la proie et en augmentant la surface pour l'action du liquide digestif. Cette dernière est dirigée vers le centre de la feuille où se situent les glandes digestives. Dans le cas de la prise d'un insecte (cas le plus fréquent), il ne subsiste plus après un ou deux jours, au milieu de la feuille, que le squelette chitineux de l'animal. La feuille mettra une à deux semaines pour reprendre sa forme initiale. Les mouvements de la feuille de la droséras sont en fait la somme de tropisme et de nastie. Pendant la digestion, les grandes vacuoles riche en pigment anthocyanique sont fragmentées par le cytoplasme. Celui-ci, s'imbibant aux dépens des colloïdes vacuolaires, se gonfle et produit de nombreux pseudopodes internes qui pénètrent dans la vacuole, s'y anastomosent, puis finissent par diviser cette dernière en un grand nombre de petits éléments denses, globuleux ou filamenteux. La teinte de la vacuole vire au gris violacé. On interprète ces faits comme traduisant le passage, à travers ces cellules, des produits de la digestion protéolytique. Si on a noté la présence (exceptionnelle) de bactéries commensales qui participent à la digestion, une digestion normale est également constatée dans le liquide stérile extrait des tentacules. Les droséras peuvent donc digérer leurs proies grâce à leurs seules sécrétions, sans bactéries symbiotiques comme cela a longtemps été pensé.